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L'asile et l'exil : Une histoire de la distinction réfugiés/migrants - Karen Akoka

Réf : 9782707198792
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Description

La distinction entre réfugiés politiques et migrants économiques s’est aujourd’hui imposée comme une évidence, tout comme la hiérarchie qui légitime l’accueil des réfugiés au détriment des migrants. Ce livre montre que ces définitions en disent plus long sur les États qui les appliquent que sur les individus qu’elles sont censées désigner.

La catégorie de réfugié se reconfigure en réalité sans cesse, au fil du temps, au gré des changements de rapports de force et de priorités politiques. Plutôt que d’analyser les parcours des exilés pour déterminer s’il s’agit de réfugiés ou de migrants, cet ouvrage dissèque l’institution qui les nomme : l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), depuis sa création en 1952.

En s’intéressant aux acteurs du droit d’asile, à leurs profils et à leurs pratiques les plus quotidiennes, cette sociohistoire, par le bas, des politiques d’asile en France apporte une contribution nouvelle à l’analyse du pouvoir d’État en actes à l’égard des étrangers.


Extrait:

Les premiers officiers de protection de l’Ofpra sont tous des étrangers, réfugiés, écrivant et parlant dans leur langue maternelle. La plupart sont d’anciens diplomates qui représentaient en France les régimes de leurs pays avant les invasions soviétiques des années 1920 (en Ukraine et Géorgie) ou les prises de pouvoir communistes des années 1947-1949 (en Hongrie, Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Pologne et Roumanie). Un certain nombre d’entre eux sont même d’anciens dirigeants politiques, tel cet ancien ministre des Affaires étrangères géorgien, cet ex-gouverneur ukrainien ou cet ancien député du Parlement russe. Les agents de la section espagnole sont, pour leur part, des militants anarchistes ou socialistes antifranquistes. Si les agents de la génération suivante sont plus nombreux à être français, ce sont en fait – et jusqu’au début des années 1980 – presque toutes et tous des filles et fils de réfugiés.

Quelles sont leurs pratiques ? À l’Ofpra, durant les décennies 1950-1980, ils délivrent (ou refusent) largement le statut de réfugié sur la base de l’appartenance nationale des requérants. La grande majorité sont reconnus : les uns (soviétiques et ressortissants des démocraties populaires), afin de décrédibiliser l’idéologie communiste ; les autres (Espagnols), du fait de l’obligation juridique de maintenir les statuts de réfugiés attribués avant la Convention de Genève de 1951. Les ressortissants de pays diplomatiquement proches de la France (Portugal, Yougoslavie) sont traités avec plus de rigueur. La ligne de partage entre inclus et exclus se dessine ainsi de part et d’autre du Rideau de fer et selon les proximités diplomatiques."


Karen Akoka

Karen Akoka est maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris Nanterre, chercheuse à l’Institut des sciences sociales du politique (ISP) et fellow de l’Institut Convergence Migration (ICM). Elle a auparavant travaillé plusieurs années au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).


Thèmes : asile, exil, immigration, Convention de Genève, Ofpra, indépendance, subordination, diplomatie, politiques migratoires, France.


Autrice : Karen Akoka

Éditions : La Découverte

Date de parution : 05/11/2020


Dimensions : 15,4 cm x 24 cm, 360 pages.