ne un mardi elnathan john nigeria secte politique ownvoices cadeaux librairie inclusive antiraciste decoloniale afrofeministe feministe lgbtqia handicap validisme diversite litterature jeunesse babelio aj brut les enfants du bruit et de l odeur
ne un mardi elnathan john nigeria secte politique ownvoices cadeaux librairie inclusive antiraciste decoloniale afrofeministe feministe lgbtqia handicap validisme diversite litterature jeunesse babelio aj brut les enfants du bruit et de l odeur

Né un mardi - Elnathan John

Réf : 9791022607278
18,00 €
Disponible à la livraison
En stock

Description

Dans le nord-ouest du Nigéria, Dantala vit parmi une bande de garçons des rues. Pendant les élections, ils sont payés, par le Petit Parti, pour semer le trouble. Lorsque leur tentative d'incendier le siège local de l'opposition se termine de manière funeste, Dantala doit fuir pour sauver sa vie, laissant son meilleur ami derrière lui. Il trouve refuge à la mosquée de Sokoto, son village natal. Dantala devient alors un apprenti privilégié du sheikh de la mosquée. Tandis que les tensions entre communautés ne cessent de croître, l'un des plus proches conseillers du sheikh fait sécession et fonde une secte extrémiste.


Né un mardi est l’histoire d’un jeune garçon, Dantala, prénom signifiant "né un mardi" en langue Haoussa. Dantala est un almajiri, un élève étudiant le Coran. À travers ses yeux, nous plongeons dans un monde brutal où l’amitié, l’amour, le désir existent malgré tout.

L'auteur s'est inspiré d'un jeune homme qu'il avait rencontré quand il était étudiant en droit pour créer son personnage.


Les Mots de l'auteur Elnathan John:

"J'étais en effet dans un environnement où personne ne cherchait à savoir le nom d'un almajiri, qui est là pour cirer vos chaussures, laver vos affaires, faire la vaisselle. On lui donne de la nourriture, de l'argent, et c'est ainsi qu'ils vivent, car les profs ne leur donnent pas à manger. Quand on a besoin de les appeler, on dit : "Yaro boy". Yaro veut dire boy en haoussa, mais comme tout le monde ne parle pas haoussa, on mélange. On crie : "Yaro boy" ! Et ils arrivent tous. Vous en choisissez un dont vous ne savez même pas le nom. Ma relation avec Basirou a donc changé quand je lui ai demandé son nom, et du coup, il m'a raconté ce qu'il faisait, pourquoi il était là… Il venait me voir, nous parlions, et puis un jour, il a disparu. Je me suis rendu compte à quel point sa vie était précaire. Beaucoup de gens, parce qu'ils ne sont pas nommés, sont déshumanisés et n'existent que comme des statistiques. Leurs voix sont effacées, elles peuvent l'être aussi par l'inefficacité d'un gouvernement qui les étouffe. Dans mon roman, j'ai essayé d'interroger la nature politique du fait de nommer quelqu'un : ce que cela signifie, qui a le pouvoir de le faire ?" (Source: Le Point Afrique - 1er février 2018)


Extrait:

"Banda gagne beaucoup d’argent maintenant que c’est la période des élections : pour coller des affiches du Petit Parti et arracher celles du Grand Parti ou saccager la voiture de quelqu’un en ville. Il partage toujours son argent avec les garçons et me donne plus qu’aux autres. Je suis le plus petit de la bande de jeunes de Bayan Layi et Banda est le plus grand. Mais c’est mon meilleur ami. {...}

Tout le monde parle des élections, de la façon dont les choses vont changer. Même Maman Ladidi, qui ne se soucie pas de grand-chose à part de vendre son huile d’arachide, a l’affiche du candidat du Petit Parti sur les murs de sa maison. Elle écoute les informations concernant les élections sur sa petite radio. Comme tout le monde. Au marché, les femmes portent des pagnes avec le visage du candidat et le logo du parti, et beaucoup d’hommes mettent comme lui un caftan blanc et un calot rouge. J’aime bien cet homme. Il n’est pas riche mais il fait beaucoup l’aumône et discute avec les gens dès qu’il est en ville. J’aime encore plus la façon dont il porte son calot rouge sur le côté, comme si celui-ci était sur le point de tomber. Je m’achèterai un calot comme ça si j’ai assez d’argent, peut-être un caftan blanc aussi. Mais le blanc, c’est difficile à garder propre – le savon coûte cher et l’eau de la rivière le rend marron même si tu le laves. Malam Junaidu, mon ancien professeur à l’école coranique, porte lui aussi du blanc et il dit que le Prophète, sallallahou alayhi wassalam, aimait porter du blanc. Mais Malam Junaidu donne ses vêtements au laveur, qui achète de l’eau aux garçons qui vendent de l’eau du robinet. Un jour, inch’Allah, je pourrai acheter de l’eau du robinet ou aller chez le laveur et j’aurai un coffre où je rangerai tous mes vêtements blancs. Les choses iront mieux si c’est le Petit Parti qui gagne. Inch’Allah."


Elnathan John

Elnathan John est né en 1982 à Kaduna, dans le nord du Nigeria. Avocat, écrivain, satiriste, iI a été finaliste du Caine Prize à deux reprises pour ses nouvelles.

Né un mardi, son premier roman, a remporté un prix Betty Trask et a été sélectionné pour le Nigeria Prize for Literature.


Thèmes : adolescence, amitié, amour, islam, apprentissages, délinquance, violence, manipulations, politique, secte, Nigeria.


Auteur : Elnathan John

Traductrice : Céline Schwaller

Éditions : Métailié

Date de parution : 18/01/2018


Dimensions : 14 cm x 21,7 cm, 272 pages.