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Sous les branches de l'udala - Chinelo Okparanta

Réf : 9782714475954
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Description

Un jour de 1968, au plus fort de la guerre civile au Biafra, le père d'Ijeoma est tué. Au cœur de cet océan de violence, séparée de sa mère, Ijeoma tombe amoureuse d’Amina. La relation des deux adolescentes est rapidement découverte et tous.toutes, la famille, les ami.e.s, les voisin.e.s se chargent de leur rappeler qu’aux yeux de Dieu et de la loi, leur amour est criminel.


Sous les branches de l'udala est un roman bouleversant sur la quête de soi, le poids de la religion et des traditions, et la force éperdue de l’amour.


Extrait:

À LA FIN JUILLET, un mois après le décès de papa, maman ne parlait plus du tout de lui.

Je l’imitais. Je me contentais de songer à lui. Mais j’y pensais à la manière dont une enfant affamée pense à la nourriture, c’est-à-dire tout le temps. Chaque fois que j’entendais une voix d’homme, ou que je voyais quelqu’un lire le journal, je pensais à lui. Maman n’allumait jamais le poste de radio. À croire même qu’elle y mettait un point d’honneur. Ça n’était pas la peine. Le simple fait de voir cet objet m’évoquait immédiatement mon père.

Un jour où je croyais avoir atteint le summum de la douleur – un jour où il me manquait tellement qu’un surcroît de peine m’aurait tuée, j’en étais sûre –, je me suis surprise à bredouiller : "Maman, est-ce que papa te manque autant qu’à moi ?"

Nous étions attablées devant notre ragoût d’igname.

Électrisée, elle a relevé la tête d’un seul coup, animée d’une colère soudaine et inexplicable. D’une voix basse, elle a grondé : "Pourquoi est-ce qu’il me manquerait ? N’est-ce pas cet homme-là qui m’a rendue veuve et qui t’a faite presque orpheline ? Explique-moi donc pourquoi il devrait me manquer."

Je suis revenue à mon assiette.

Quelques minutes sont passées, puis elle a repris très doucement : "De la colère, voilà ce que j’éprouve. De la colère. Parfois, j’ai le sentiment que je vais exploser."

Je l’ai écoutée sans rien dire.

Vers environ deux heures du matin, la nuit précédant le jour où maman a explosé de colère, elle a soudain poussé un cri strident qui a transpercé les ténèbres et foré un trou si profond que j’ai craint d’y être aspirée comme un fétu de paille.

"Uzo !" hurlait-elle. Jamais encore je ne l’avais entendue ainsi crier dans son sommeil.

Je l’ai attrapée par les épaules. "Maman, tu m’entends ? Maman, c’est moi, Ijeoma. Calme-toi. C’est seulement un rêve."

Elle a ouvert les yeux."


Chinelo Okparanta

Née à Port Harcourt, au Nigeria, Chinelo Okparanta est arrivée aux États-Unis à l’âge de dix ans. Elle est diplômée de trois universités différentes : Pennsylvania State University, Rutgers University et University of Iowa, où elle a suivi le très fameux Iowa Writers’ Workshop.

Son recueil Le Bonheur, comme l’eau a gagné le Lambda Literary Award for Lesbian Fiction en 2014. Chinelo Okparanta s’impose incontestablement comme l’une des figures majeures de cette jeune génération d’écrivain.e.s dont l’écriture inventive et décomplexée est reconnue au niveau international.


Thèmes : enfance, souvenirs, amour, lgbtq+, relation mère-fille, religion, culpabilité, mensonges, homophobie, guerre, Biafra, Nigeria.


Autrice : Chinelo Okparanta

Traductrice : Carine Chichereau

Éditions : Belfond

Date de parution : 23/08/2018


Dimensions : 14 cm x 22 cm, 384 pages.