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Une écologie décoloniale : Penser l’écologie depuis le monde caribéen - Malcom Ferdinand

Réf : 9782021388497
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Description

Derrière sa prétention d’universalité, la pensée environnementale s’est construite sur l’occultation des fondations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité. Face à la tempête, l’environnementalisme propose une arche de Noé qui cache dans son antre les inégalités sociales, les discriminations de genre, les racismes et les situations (post)coloniales, et abandonne à quai les demandes de justice.

Penser l’écologie depuis le monde caribéen confronte cette absence à partir d’une région où impérialismes, esclavagismes et destructions de paysages nouèrent violemment les destins des Européens, Amérindiens et Africains. Le navire négrier rappelle que certains sont enchaînés à la cale et parfois jetés par-dessus bord à la seule idée de la tempête. Tel est l’impensé de la double fracture moderne qui sépare les questions coloniales des destructions environnementales. Or, panser cette fracture demeure la clé d’un "habiter ensemble" qui préserve les écosystèmes tout autant que les dignités. Telle est l’ambition d’une "écologie décoloniale'" qui relie les enjeux écologiques à la quête d’un monde au sortir de l’esclavage et de la colonisation.


Extrait :

"Aux États‐Unis, une étude de 2014 montre que les minorités restent sous‐représentées dans les organisations environnementales gouvernementales et non gouvernementales, les plus hautes positions étant majoritairement occupées par des hommes Blancs, diplômés et de classe moyenne. Une situation similaire existe en France. Les personnes racisées issues de l’immigration coloniale et postcoloniale qui ramassent les ordures des villes, nettoient les places et institutions publiques, conduisent les bus, les trams et les métros, celles qui servent les repas chauds dans les réfectoires universitaires, livrent le courrier, soignent les malades dans les hôpitaux, celles dont l’accueil souriant à l’entrée des établissements est le gage de sécurité, sont généralement absentes des arènes universitaires, gouvernementales et non gouvernementales soucieuses de l’environnement. Alors, des spécialistes de l’environnement prennent régulièrement la parole dans les conférences en faisant comme si tout ce monde, leurs histoires, leurs souffrances et leurs luttes demeurent sans conséquence sur la manière de penser la Terre. En découle l’absurdité d’une préservation de la planète qui se manifeste par l’absence de ceux "sans qui, écrivait Aimé Césaire, la terre ne serait pas la terre". Ou bien cette fracture est complètement occultée derrière l’argument fallacieux que les non‐Blancs ne se soucieraient pas de l’environnement."


Malcom Ferdinand

Malcom Ferdinand est ingénieur en environnement de l'University College London, docteur en philosophie politique de l’université Paris-Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine).


Thèmes : écologie décoloniale, mouvement intersectionnel, écologie marrone, fracture coloniale, Plantationocène, environnementalisme, racisme, Caraïbes.


Auteur : Malcom Ferdinand

Éditions : Seuil 

Date de parution : 03/10/2019


Dimensions : 14 cm x 19,1 cm, 464 pages.